Annick Leclerc, adhérente, et Léone Delaunay, professeure de peinture

Ce lundi en début après-midi, Annick Leclerc est entourée de Hervé son auxiliaire de vie sociale et de Léone Delaunay sa professeure de peinture. Le cours de peinture débute dans le calme, Léone pose délicatement un pinceau dans la bouche de Mme Leclerc. Face à cette dernière, se tient une feuille format A4 où l’on distingue le début d’une aquarelle dans les tons vert et bleu. Un modèle de bouquet de fleurs est accroché à proximité.

 

Annick Leclerc : J’ai commencé à peindre en 1992 ou 1993. Depuis que je suis tombée malade la peinture a été une révélation pour moi : mon moyen d’expression.

 

Léone Delaunay : Avec Annick nous nous connaissons depuis environ 7/8 ans. Je viens trois fois par semaine : le lundi, le mardi et le vendredi. Au total nous passons 9 heures chaque semaine à peindre ensemble. Je devine facilement ses besoins : si la position des pinceaux n’est pas la bonne, si la toile n’est pas assez approchée ou encore le moment ou Annick souhaite changer de couleur. Je questionne et Annick me répond.

Annick Leclerc : Je suis adhérente d’une association des Artistes Peignant de la Bouche et du Pied. Cette association est dirigée par Serge Maudet, lui-même paralysé des bras et des jambes dès sa naissance. Chaque année, l’association m’envoie de jolies cartes, aux dessins réalisés par de nombreux artistes adhérents.

Léone Delaunay : Annick envoie également régulièrement ses peintures à l’association pour qu’elles soient exposées ou vendues. Certaines de ses œuvres sont également mises en format carte postale. Une question est souvent posée à Annick : « Combien de temps mettez-vous pour réaliser un tableau ? » Or, on ne demande jamais à quelqu’un combien de temps il met pour lire un livre. La peinture, c’est la même chose. Il est difficile d’évaluer le temps passé sur un tableau.

Chacune des œuvres d’Annick est différente et la durée de réalisation varie.

 

Annick Leclerc : Je réalise des œuvres à l’aquarelle ou à l’acrylique. J’ai une préférence pour l’acrylique. Il y a plus de matière à travailler et les couleurs sont plus vives. Je n’ai pas le même coup de pinceau que Serge Maudet. Il a plus de force que moi, je suis plus délicate. La peinture c’est une évasion pour moi, je fais corps avec mon œuvre et j’oublie mon handicap. Pendant le confinement, le plus dur, pour moi, c’était que je n’avais plus ces cours. J’avais aussi prévu un stage de peinture au Croisic, mais il a dû être annulé à cause de l’épidémie.

Léone Delaunay : A la demande d’Annick, j’ai réalisé une œuvre peinte à la main, puis la même œuvre peinte à la bouche. Cet exercice m’a fait prendre conscience de la subtilité de la peinture à la bouche et de la concentration que cela demande. Je me suis mise à la place d’Annick.

 

Annick Leclerc : Il faut tout de même savoir que Léone a triché ! Elle a touché son gobelet remplit d’eau. Pour que l’exercice soit réalisé en condition réelle, il aurait fallu qu’elle s’attache les mains derrière le dos.

7 septembre 2020

A noter : Nous avons la chance d’accueillir une expo de certaines œuvres d’Annick Leclerc dans les locaux d’Anjou Accompagnement, jusqu’à fin janvier 2021.

N’hésitez pas à passer !